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	<title>ATTAC M&#226;con</title>
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		<title>ATTAC M&#226;con</title>
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		<title>March&#233; de l'&#233;lectricit&#233;</title>
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		<dc:creator>Admin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sur le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, un tr&#232;s bon article de Martine Orange dans M&#233;diapart. ( Il faut savoir aussi que, si le gaz russe est interdit par l'UE, pour soutenir l'Ukraine, (ce qui explique partiellement les prix de l'&#233;lectricit&#233;), la Russie continue de livrer &#224; la France de l'uranium enrichi en Russie - de l'UF6 hexafluorure d'uranium &#8212; pr&#233;cise Pauline Boyer, charg&#233;e de campagne &#201;nergie pour Greenpeace comme le 29 novembre &#224; Dunkerque. Car si la Russie a &#233;t&#233; plac&#233;e sous sanctions...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://macon.site.attac.org/spip.php?rubrique16" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, un tr&#232;s bon article de Martine Orange dans M&#233;diapart. ( Il faut savoir aussi que, si le gaz russe est interdit par l'UE, pour soutenir l'Ukraine, (ce qui explique partiellement les prix de l'&#233;lectricit&#233;), la Russie continue de livrer &#224; la France de l'uranium enrichi en Russie - de l'UF6 hexafluorure d'uranium &#8212; pr&#233;cise Pauline Boyer, charg&#233;e de campagne &#201;nergie pour Greenpeace comme le 29 novembre &#224; Dunkerque. Car si la Russie a &#233;t&#233; plac&#233;e sous sanctions commerciales par l'Union europ&#233;enne, le secteur nucl&#233;aire en a &#233;t&#233; exclu !!! Dans la famille &#034;on se fout de notre gueule&#034;, c'est fort ! La suite aussi. )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1940 de l'&#233;lectricit&#233; en France (2/3) Enqu&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Face au risque d'effondrement, l'Europe incapable de repenser son march&#233; de l'&#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que les d&#233;lestages tournants, les coupures &#233;conomiques sont encore plus inqui&#233;tantes. Artisans, commer&#231;ants, industries, collectivit&#233;s locales, agriculteurs sont asphyxi&#233;s par la hausse vertigineuse des factures d'&#233;nergie. Alors que de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour demander la sortie de l'actuel march&#233; europ&#233;en de l'&#233;nergie pour sauver l'&#233;conomie et les m&#233;nages, le gouvernement se tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Orange&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 d&#233;cembre 2022 &#224; 13h31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes parts des cris d'alarme. Des industries, des commerces, des artisans, des agriculteurs, des collectivit&#233;s locales&#8230; bref, l'alerte vient de tous ceux qui ont &#233;t&#233; exclus, dans le cadre de la lib&#233;ralisation du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, des tarifs r&#233;glement&#233;s et du service public d'EDF, afin de les plonger au plus vite dans &#171; les bienfaits de la concurrence &#187;. Tous disent la m&#234;me chose : ils sont &#233;trangl&#233;s par les prix de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse locale tient d&#233;sormais une chronique quasi quotidienne des ravages de la flamb&#233;e &#233;nerg&#233;tique. C'est le boucher ou la boulang&#232;re dans telle ou telle ville qui ferme boutique parce qu'il est impossible d'assumer des hausses multipliant par quatre, six, voire dix la facture d'&#233;nergie. C'est l'horticulteur ou le mara&#238;cher oblig&#233; de renoncer &#224; une partie de ses activit&#233;s devenues non rentables. C'est la coop&#233;rative viticole, vieille de plus de 60 ans, qui regroupe 45 vignerons et emploie 20 salari&#233;s, qui se demande comment survivre, alors que sa facture d'&#233;lectricit&#233; passe de 15 000 euros &#224; 130 000 euros par an ! C'est la scierie ou la petite entreprise de m&#233;tallurgie qui n'arrive m&#234;me plus &#224; trouver un fournisseur d'&#233;lectricit&#233; ou seulement pour un engagement de trois mois au tarif d&#233;lirant de 500 euros le MWh, quand il valait moins de 50 euros il y a dix-huit mois. Des co&#251;ts impossibles &#224; assumer et qui conduisent &#224; l'arr&#234;t de tout ou partie de leur production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette liste interminable viennent s'ajouter les collectivit&#233;s locales, les services publics ou ce qu'il en reste. Certaines villes, &#224; l'instar de Carhaix (Finist&#232;re), ne savent plus comment elles vont pouvoir chauffer et &#233;clairer les &#233;coles, assurer les cantines &#8211; on ne parle m&#234;me plus des piscines et des &#233;quipements sportifs &#8211;, alors que les augmentations d&#233;passent parfois les 250 %. C'est l'universit&#233; de Strasbourg qui va s'arr&#234;ter pendant 15 jours de plus apr&#232;s les vacances de No&#235;l pour diminuer sa facture &#233;nerg&#233;tique. Ou un h&#244;pital du Havre qui affiche une temp&#233;rature de 13 &#176;C dans les chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les coupures d'&#233;lectricit&#233;, certes. Mais la semaine derni&#232;re, le Tarn-et-Garonne a &#233;t&#233; coup&#233; pendant une heure et quart sans qu'on en parle &#187;, s'impatiente Anne Debregeas, responsable du syndicat Sud chez EDF, qui juge &#171; qu'on en fait un trop &#187; sur les risques d'&#233;ventuels d&#233;lestages. &#171; Ce n'est pas le bon sujet. Le vrai sujet, ce sont les coupures &#233;conomiques. Il y avait d&#233;j&#224; plus de 10,5 % des m&#233;nages en situation de grande pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique en 2020. Combien vont-ils &#234;tre dans les mois qui viennent ? Les facs oblig&#233;es de fermer, les h&#244;pitaux qui ne peuvent pas faire face, les entreprises qui sont &#233;trangl&#233;es &#224; cause de la flamb&#233;e des prix de l'&#233;nergie. &#199;a, c'est le vrai sujet &#187;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les boucliers &#233;nerg&#233;tiques tarifaires vont prendre fin apr&#232;s la Saint-Sylvestre, l'inqui&#233;tude monte de partout. Les annonces d'un ch&#232;que &#233;nergie de 100 euros pour les foyers les plus pr&#233;caires, d'un guichet d'aide pour les entreprises pouvant aller jusqu'&#224; 4 millions d'euros, d'une aide de 25 % pour les entreprises dont le prix de fourniture d&#233;passe les 325 euros le MWh risquent de ne pas suffire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire aussi Ce choc &#233;nerg&#233;tique qui vient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mars 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le gouvernement n'agit pas rapidement et fortement, on va assister &#224; une h&#233;morragie &#233;conomique et sociale sans pr&#233;c&#233;dent. C'est toute notre &#233;conomie et notre soci&#233;t&#233; qui sont en risque. Mais c'est aussi les r&#233;ponses que nous devons avoir pour mener &#224; bien la transition &#233;conomique pour faire face aux d&#233;r&#232;glements climatiques qui seront alt&#233;r&#233;es &#187;, dit ce familier du pouvoir qui a requis l'anonymat. Pour lui, une r&#233;ponse rapide s'impose : &#171; L'&#233;nergie est un bien commun essentiel. La puissance publique ne peut laisser au march&#233; la responsabilit&#233; de faire des arbitrages &#224; sa place. C'est encore plus vrai avec la transition &#233;nerg&#233;tique, qui va bouleverser nos soci&#233;t&#233;s et nos moyens de production. Il faut des visions strat&#233;giques &#224; long terme r&#233;pondant &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Il faut sortir l'&#233;nergie du march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une planification s'impose. C'est le passage &#233;vident que personne ne veut reconna&#238;tre. Il faut repenser l'organisation du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; au niveau europ&#233;en. [&#8230;] On ne parle jamais de politique. Pourtant, il y a une n&#233;cessit&#233; de coordonner nos choix &#224; long terme. [&#8230;] Il faut redonner une d&#233;l&#233;gation explicite aux &#201;tats membres, comme le permet l'article 294 des trait&#233;s, pour leur permettre d'organiser leur strat&#233;gie. La souverainet&#233; doit s'exercer dans ce domaine aussi strat&#233;gique &#187;, assurait de son c&#244;t&#233; Dominique Finon, directeur de recherche au CNRS et chercheur associ&#233; &#224; la chaire European Electricity Market, lors d'un r&#233;cent colloque &#224; l'&#201;cole des mines de Paris sur la r&#233;forme du march&#233; europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fausse concurrence du march&#233; &#233;lectrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation de l'&#233;nergie devait apporter, selon la Commission europ&#233;enne, une concurrence accrue permettant une baisse des prix, une s&#233;curit&#233; des approvisionnements, des investissements dans les &#233;nergies renouvelables et du futur, renfor&#231;ant une harmonisation du march&#233; unique et garantissant l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, de nombreux &#233;conomistes, de nombreux connaisseurs des march&#233;s de l'&#233;nergie se demandent comment l'ensemble des &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne ont pu accepter de &#171; d&#233;missionner &#187; et de se rallier sans discussion &#224; la lib&#233;ralisation des march&#233;s de l'&#233;nergie. Est-ce par &#171; na&#239;vet&#233; &#187; ? Par &#171; id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale &#187; - th&#232;se la plus souvent retenue &#8211; qu'ils ont renonc&#233; &#224; toute intervention dans un domaine aussi essentiel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ne peuvent aujourd'hui que constater les d&#233;g&#226;ts : une d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#224; l'&#233;gard de la Russie, sous l'influence dominante de l'Allemagne, dont l'ensemble de l'Europe paie le prix depuis la guerre d'Ukraine ; une d&#233;structuration de toute l'Europe &#233;lectrique au profit d'une financiarisation accrue qui ne garantit en aucun cas la s&#233;curit&#233; des approvisionnements ; une incapacit&#233; de fournir une &#233;lectricit&#233; peu ch&#232;re, exposant toutes les populations &#224; une volatilit&#233; des prix des march&#233;s, qui va poser tr&#232;s rapidement la question de la solvabilit&#233; des m&#233;nages et de la comp&#233;titivit&#233; des productions du continent ; une d&#233;sorganisation, voire une destruction de nombre de fili&#232;res technologiques (solaire, &#233;olien) indispensables &#224; la transition &#233;cologique au nom du libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire aussi Gaz, &#233;lectricit&#233; : l'Europe de l'&#233;nergie en faillite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 septembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout ce qui arrive &#233;tait pr&#233;visible. Le monde de l'&#233;lectricit&#233; n'est pas adapt&#233; &#224; la concurrence par le march&#233;. Les caract&#233;ristiques et les contraintes qui p&#232;sent sur ce march&#233; en font un monde &#224; part. Parce que l'&#233;lectricit&#233; n'est pas stockable, parce que les r&#233;seaux &#233;lectriques doivent &#234;tre en permanence &#224; l'&#233;quilibre [le transport &#233;lectrique du syst&#232;me europ&#233;en en courant alternatif doit &#234;tre en permanence &#224; 50 hertz &#8211; ndlr] sous peine de s'&#233;crouler, parce qu'il faut pouvoir r&#233;pondre &#224; tout moment &#224; une demande instantan&#233;e et parfois non pr&#233;visible &#187;, expliquait d&#232;s l'&#233;t&#233; 2021 &#8211; c'est-&#224;-dire bien avant la guerre d'Ukraine, qui n'a &#233;t&#233; qu'un acc&#233;l&#233;rateur de la d&#233;composition du syst&#232;me en place &#8211; Rapha&#235;l Boroumand, professeur d'&#233;conomie et sp&#233;cialiste de l'&#233;nergie et du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'&#233;lectricit&#233;, il ne peut pas y avoir de concurrence au sens classique du terme, quoi qu'en disent certains &#233;conomistes : les contraintes physiques l'emportent. C'est un march&#233; qui &#233;volue d'heure &#224; heure, et dans les p&#233;riodes de tension, c'est le gestionnaire de r&#233;seaux [RTE en France &#8211; ndlr] qui a le dernier mot. Parce que sa mission premi&#232;re est d'assurer la s&#233;curit&#233; des approvisionnements, le maintien des r&#233;seaux, quel qu'en soit le prix &#187;, poursuivait alors ce connaisseur du monde de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du projet europ&#233;en de d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;nergie, les &#233;lectriciens et les sp&#233;cialistes du march&#233; de l'&#233;nergie ont &#233;t&#233; nombreux &#224; rappeler &#224; Bruxelles ces &#233;vidences. Toutes les mises en garde ont &#233;t&#233; balay&#233;es d'un revers de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette priorit&#233; absolue accord&#233;e par la Commission europ&#233;enne &#224; la &#171; main invisible du march&#233; &#187; pour organiser le march&#233; de l'&#233;nergie est lourde de cons&#233;quences : toute la formation des prix pour la fourniture de ce bien aussi essentiel que l'&#233;lectricit&#233; a &#233;t&#233; transform&#233;e. Bruxelles a d&#233;cid&#233; sciemment de livrer l'ensemble des &#233;conomies europ&#233;ennes, l'ensemble des consommateurs &#224; l'un des march&#233;s les plus incertains au monde, les exposant &#224; tous les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la d&#233;r&#233;glementation du march&#233; de l'&#233;nergie, l'ancien syst&#232;me d'int&#233;gration verticale, de la production &#224; la distribution finale, a &#233;t&#233; &#233;clat&#233; pour y substituer un march&#233; de gros, o&#249; s'&#233;changent les productions d'&#233;lectricit&#233; entre professionnels (&#233;lectriciens, interm&#233;diaires, financiers) et un march&#233; de d&#233;tail o&#249; diff&#233;rents acteurs assurent la commercialisation de l'&#233;lectricit&#233; jusqu'aux consommateurs finaux (entreprises et m&#233;nages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t moyen de production, qui servait de base de calcul pour les prix, qui permettait de diff&#233;rencier les op&#233;rateurs performants ou non, de valider des strat&#233;gies industrielles et surtout d'assurer une stabilit&#233; en lissant les p&#233;riodes d'extr&#234;me tension, a &#233;t&#233; abandonn&#233; au profit du prix de march&#233;. Sur le march&#233; europ&#233;en, c'est le prix spot d&#233;sormais qui sert de r&#233;f&#233;rence aux contrats de consommation. Il est fix&#233; &#224; partir du co&#251;t marginal de la centrale &#224; gaz disponible la moins performante en Europe. &#171; Depuis l'&#233;t&#233; 2021, avant m&#234;me la guerre d'Ukraine, on a vu les effets de cette indexation sur le gaz &#187;, rel&#232;ve un connaisseur de ce march&#233;. Le MWh se n&#233;gocie aujourd'hui &#224; plus de 500 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On a assist&#233; &#224; une capture d'une partie de la rente nucl&#233;aire autrefois redistribu&#233;e &#224; toute l'&#233;conomie et &#224; toute la population au profit d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un expert du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;trange amn&#233;sie a saisi la classe politique depuis le d&#233;but de la crise &#233;nerg&#233;tique. Personne ne se souvient d'avoir vot&#233; ou que son parti &#8211; si la personne n'&#233;tait pas alors &#233;lue &#8211; avait vot&#233; les diff&#233;rentes lois de lib&#233;ralisation des march&#233;s de l'&#233;nergie en France. Pourtant, lors du sommet de Barcelone de 2002, le premier ministre Lionel Jospin, en cohabitation avec Jacques Chirac, accepte, sur les conseils du ministre des finances Dominique Strauss-Kahn, le principe de la lib&#233;ralisation de l'&#233;nergie en Europe. Cela signifie alors abandonner le service public fran&#231;ais et ses deux principaux groupes EDF et GDF au march&#233;, au nom de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Commission europ&#233;enne et les Allemands n'en revenaient pas. M&#234;me si c'&#233;tait un de leurs objectifs, ils n'imaginaient pas que le pouvoir fran&#231;ais allait accepter de tels renoncements &#187;, se souvient un t&#233;moin de l'&#233;poque. &#171; Au nom d'un mythique couple franco-allemand, qui n'existe que dans l'esprit des &#233;lites fran&#231;aises, ce pouvoir et les suivants ont sacrifi&#233; des ann&#233;es de politique &#233;nerg&#233;tique et industrielle. Il a suffi qu'ils entendent &#8220;march&#233;&#8221;, &#8220;Europe&#8221;, pour qu'ils se mettent au garde-&#224;-vous. Ce sont des erreurs lourdes que nous allons payer pendant des ann&#233;es encore, poursuit de son c&#244;t&#233; un ancien haut cadre dirigeant d'EDF, reprenant un discours tr&#232;s partag&#233; dans le groupe public et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'exception des &#233;lus du Parti communiste et de certains r&#233;calcitrants, les parlementaires de tout bord politique ont durant ces ann&#233;es adopt&#233;, parfois avec enthousiasme, tous les textes mettant en pi&#232;ces l'organisation de la cha&#238;ne du syst&#232;me &#233;lectrique fran&#231;ais afin d'y instaurer une &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;. L'illustration d&#233;sormais la plus connue de cette mutation est celle du m&#233;canisme de l'Arenh (acc&#232;s r&#233;gul&#233; &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire historique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233; dans le cadre de la loi Nome, ce dispositif, n&#233;goci&#233; point par point avec les autorit&#233;s europ&#233;ennes, visait &#224; r&#233;tablir &#171; une juste concurrence &#187; entre EDF et ses rivaux. Afin de permettre &#224; ces derniers de se d&#233;velopper sur le territoire fran&#231;ais o&#249; ils partaient largement d&#233;savantag&#233;s, le groupe public doit lui fournir jusqu'en 2025 le quart de sa production nucl&#233;aire au prix fixe de 42 euros le MWh. La Commission europ&#233;enne n'a jamais accept&#233; de r&#233;viser ce tarif par la suite, en d&#233;pit de la hausse des co&#251;ts de production du groupe public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224;, le principe de demander &#224; un groupe qui b&#233;n&#233;ficie d'avantages comp&#233;titifs d'en redistribuer par avance une partie &#224; ses concurrents est une h&#233;r&#233;sie en termes de concurrence. La Commission europ&#233;enne sait faire preuve de beaucoup de cr&#233;ativit&#233; en ce domaine. Mais la vraie faute originelle de tout ce m&#233;canisme, c'est d'avoir permis que des soci&#233;t&#233;s puissent y avoir acc&#232;s sans avoir le moindre outil de production. Ce &#224; quoi on a assist&#233;, c'est &#224; une capture d'une partie de la rente nucl&#233;aire, autrefois redistribu&#233;e &#224; toute l'&#233;conomie et &#224; toute la population, au profit d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &#187;, explique cet expert des questions de concurrence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les arnaques des fournisseurs alternatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise &#224; disposition d'une partie de la production nucl&#233;aire d'EDF, ajout&#233;e aux multiples subventions de l'&#201;tat, &#233;tait cens&#233;e permettre le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables. R&#233;sultat ? EDF a abandonn&#233; des milliards d'euros &#224; ses concurrents et quelque 167 milliards d'euros d'aides publiques ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s en dix ans, selon la Cour des comptes. Pourtant la production des &#233;nergies renouvelables est sous-d&#233;velopp&#233;e, ce qui vaut aujourd'hui &#224; la France d'&#234;tre condamn&#233;e pour ne pas avoir respect&#233; ses objectifs. Selon les derniers recensements, il y a 30 GW de capacit&#233;s de production d'&#233;nergies renouvelables install&#233;s en France, soit environ 10 % de la capacit&#233; totale de production d'&#233;lectricit&#233;, et une grande partie d&#233;pend d'EDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'essentiel de la concurrence en France est repr&#233;sent&#233; par des fournisseurs alternatifs, des simples traders qui ne produisent pas un watt d'&#233;lectricit&#233; mais qui sp&#233;culent sur les march&#233;s en profitant de la manne d'EDF. Nombre d'entre eux ont commenc&#233; &#224; se retirer du march&#233; d&#232;s les premi&#232;res difficult&#233;s de 2021, &#224; l'instar de Leclerc, renvoyant ses clients du jour au lendemain chez EDF. 300 000 foyers ont ainsi &#233;t&#233; abandonn&#233;s et sont retourn&#233;s chez EDF sans qu'ils s'en rendent compte. Car la continuit&#233; du service leur a &#233;t&#233; assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres s'inscrivent dans de purs syst&#232;mes de fraude, comme est en train de le mettre au jour le s&#233;nateur communiste Fabien Gay. Le cas d'Hydroption, fournisseur de l'arm&#233;e, de la ville de Paris ou d'un certain nombre d'autres administrations &#8211; avec l'aval des centrales d'achat public &#8211; avant de faire faillite, en est un des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les pratiques du fournisseur Mint ou d'Iberdrola sont tout aussi illustratives. En pleine crise &#233;nerg&#233;tique, ceux-ci ont lanc&#233; de vastes campagnes &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence afin d'attirer de nouveaux clients en avril. C'est la p&#233;riode o&#249; sont attribu&#233;s les volumes de l'Arenh pour l'ann&#233;e d'apr&#232;s. Mais d&#232;s le mois d'ao&#251;t, ces derniers ont chang&#233; de fa&#231;on discr&#233;tionnaire les contrats d'approvisionnement, imposant des hausses de 100 % &#224; 150 %, et surtout ont conseill&#233; &#224; leurs clients d'aller rejoindre les tarifs r&#233;glement&#233;s de l'&#233;lectricit&#233; d'EDF, toujours ouverts aux particuliers. Bien entendu, eux conservaient les volumes de l'Arenh qui leur avaient &#233;t&#233; attribu&#233;s. Au prix de 42 euros le MWh, quand celui-ci se n&#233;gocie &#224; plus de 500 euros sur les march&#233;s, on imagine la culbute. Avant l'intervention de Fabien Gay et l'action de groupe de l'association CLCV (Consommation, logement, cadre de vie), les pouvoirs publics et la commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie n'avaient rien trouv&#233; &#224; redire sur ces pratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bouclier tarifaire, nouvelle subvention aux acteurs priv&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plut&#244;t que de subventionner une concurrence fictive avec les boucliers tarifaires sur le gaz et l'&#233;lectricit&#233;, il aurait &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable de revoir les m&#233;canismes de fixation des prix sur le march&#233; europ&#233;en et de rouvrir les tarifs r&#233;glement&#233;s &#224; tous. L&#224;, on va d&#233;penser 100 milliards d'euros en deux ans &#224; fonds perdu, rien que pour soutenir artificiellement des fournisseurs alternatifs qui n'apportent rien. Ces 100 milliards auraient &#233;t&#233; bien plus utiles pour financer des projets dans le cadre d'une politique de transition &#233;nerg&#233;tique &#187;, peste le d&#233;put&#233; (PS) de la Nupes Philippe Brun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire aussi &#201;lectricit&#233; : le cynisme &#233;lectoral du gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 janvier 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Campant sur ses positions, le gouvernement maintient qu'il a adopt&#233; les meilleures mesures possibles pour faire face &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique. Les boucliers tarifaires ? Ils ne vont pas co&#251;ter si cher que cela aux finances publiques. Une partie est prise en charge par EDF. L'autre partie &#8211; 45 milliards cette ann&#233;e &#8211; est refinanc&#233;e par la taxe sur les superprofits r&#233;alis&#233;s cette ann&#233;e par les producteurs d'&#233;nergie d&#233;carbonn&#233;e (solaire, &#233;olien, nucl&#233;aire) et dont le calcul a &#233;t&#233; fix&#233; par la Commission europ&#233;enne. Selon les premi&#232;res estimations de Bercy, celle-ci devrait lui rapporter quelque 35 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; permettre un retour aux tarifs r&#233;glement&#233;s pour les client&#232;les qui en ont &#233;t&#233; exclues, le gouvernement s'y oppose cat&#233;goriquement. La semaine derni&#232;re, le s&#233;nateur Fabien Gay a pr&#233;sent&#233; une proposition de loi afin de permettre au moins aux collectivit&#233;s locales d'y retourner. Refus cat&#233;gorique de Bercy : le co&#251;t d&#233;passerait 50 milliards d'euros, selon ses calculs. Une expertise ind&#233;pendante a refait les comptes : le retour aux tarifs r&#233;glement&#233;s des collectivit&#233;s locales co&#251;terait 3 milliards d'euros. La diff&#233;rence est de taille mais cela n'a pas &#233;branl&#233; les positions du gouvernement. Il est toujours oppos&#233; &#224; l'all&#232;gement de la charge des collectivit&#233;s locales, qui ont &#224; assumer les &#233;coles, les biblioth&#232;ques, les services publics de proximit&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;trange silence de la France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un silence qui intrigue de plus en plus. En septembre 2021, le ministre des finances, Bruno Le Maire, fut un des premiers responsables europ&#233;ens &#224; d&#233;noncer l'alignement des prix de l'&#233;lectricit&#233; sur ceux du gaz. &#171; Le march&#233; unique europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233; ne marche pas, il est aberrant &#187;, d&#233;clarait-il alors, critiquant des r&#232;gles &#171; obsol&#232;tes &#187; qui emp&#234;cheraient, selon lui, la France de pouvoir b&#233;n&#233;ficier des avantages de sa production nucl&#233;aire et hydraulique &#224; co&#251;t stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la situation n'a fait qu'empirer. Les prix du gaz ont explos&#233;, &#224; la suite de la guerre d'Ukraine, du tarissement des approvisionnements de gaz russe en Europe, de la panique que cela a provoqu&#233;e, aliment&#233;e en partie par la Commission europ&#233;enne. Et les prix de l'&#233;lectricit&#233; ont suivi. La sp&#233;culation est &#224; son comble. Et le gouvernement fran&#231;ais ne dit rien, ne fait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233;, les gouvernements espagnol et portugais ont impos&#233; &#224; la Commission europ&#233;enne, qui a invoqu&#233; l'exception de la &#171; p&#233;ninsule ib&#233;rique &#187; comme justification, de sortir du march&#233; europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233;. Depuis, les deux pays paient le MWh autour de 100 euros, quand tous les autres l'ach&#232;tent entre 400 et 600 euros en moyenne ces derniers mois. De toutes parts, des voix se sont &#233;lev&#233;es pour demander que la France, compte tenu de sa sp&#233;cificit&#233; &#8211; 80 % de l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e est produite sur le territoire &#224; co&#251;t fixe &#8211;, suive l'exemple de la p&#233;ninsule ib&#233;rique pour soulager les entreprises et les m&#233;nages. Le gouvernement n'a m&#234;me pas relev&#233; la suggestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne, des &#201;tats membres emmen&#233;s par la Belgique et l'Italie ont r&#233;clam&#233; &#224; nouveau une r&#233;forme du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. La Commission europ&#233;enne, reprenant les oppositions de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark, a d'abord refus&#233; de changer les r&#232;gles d'un march&#233; qu'elle consid&#232;re comme &#171; parfait &#187;. Mais face &#224; la col&#232;re de plusieurs pays qui voient leur &#233;conomie et les m&#233;nages &#233;trangl&#233;s par les factures, elle s'est dite pr&#234;te &#224; faire un geste. En novembre, elle a pr&#233;sent&#233; un projet de r&#233;forme du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. &#171; Une plaisanterie &#187;, s'est emport&#233;e la ministre espagnole de l'&#233;cologie, Teresa Ribera Rodriguez, quand elle a d&#233;couvert le projet : le m&#233;canisme pr&#233;vu ne permettait pas de pr&#233;munir les &#201;tats membres, m&#234;me en cas de sp&#233;culation effr&#233;n&#233;e, comme en ao&#251;t, o&#249; le MWh avait d&#233;pass&#233; les 1 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les pays de l'Europe s'&#233;charpaient sur la r&#233;forme du march&#233; europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233;, la France &#233;tait toujours aux abonn&#233;s absents, ne disant rien, n'affichant aucune position, ni pour ni contre, nulle part. Ce silence, selon le d&#233;put&#233; Philippe Brun, a une explication : les fameux six EPR qui r&#233;sument toute la politique &#233;nerg&#233;tique d'Emmanuel Macron. &#171; La priorit&#233; du gouvernement, c'est de n&#233;gocier la tarification du nouveau nucl&#233;aire, de trouver l'&#233;quation &#233;conomique qui le rende rentable. Il a besoin d'obtenir un accord de la Commission europ&#233;enne autour de 90 euros le MWh. Pour y r&#233;ussir, il est pr&#234;t &#224; consentir &#224; tout, au d&#233;mant&#232;lement d'EDF et du service public, &#224; la lib&#233;ralisation totale du march&#233; en France &#187;, dit-il. Et surtout, il ne prend aucune position qui pourrait lui attirer l'hostilit&#233; de Bruxelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Six EPR contre la comp&#233;titivit&#233; du pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six EPR justifient-ils de mettre &#224; bas toute l'&#233;conomie fran&#231;aise, de pr&#233;cipiter des m&#233;nages entiers dans la pr&#233;carit&#233; ? La question, aussi incongrue soit-elle, pourrait se poser rapidement dans ces termes. Ce week-end, 12 pays europ&#233;ens, emmen&#233;s par la Belgique, l'Italie, la Gr&#232;ce et la Pologne, sont entr&#233;s en r&#233;volte ouverte contre la Commission europ&#233;enne. Alors qu'une r&#233;union doit se tenir dans la semaine, ils demandent des mesures d'urgence pour plafonner les prix de gaz et donc de l'&#233;lectricit&#233;, afin de pr&#233;server leurs entreprises et les m&#233;nages. Ils semblent pr&#234;ts au clash. Compte tenu de leur nombre, ils ont la possibilit&#233; de bloquer toute d&#233;cision europ&#233;enne et m&#234;me plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Europe de l'&#233;nergie est en train d'imploser. Les pays ne vont pas supporter de voir la destruction de leurs industries, l'appauvrissement des m&#233;nages, de perdre en comp&#233;titivit&#233; sans rien faire. L'Espagne et le Portugal sont d&#233;j&#224; sortis et ils ne reviendront pas. D'autres risquent de les imiter rapidement. Le face-&#224;-face entre la France et l'Allemagne est intenable &#187;, analyse un connaisseur du dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a eu dix-huit r&#233;formes du march&#233; du travail en dix ans, au nom de l'attractivit&#233; de la France. Mais le vrai probl&#232;me, c'est le co&#251;t de l'&#233;nergie. C'est l&#224; que se situe la vraie bataille de la comp&#233;titivit&#233; de la France, de son avenir &#187;, insiste Philippe Brun. Par ses choix pass&#233;s, par son silence actuel sur des probl&#233;matiques essentielles, le gouvernement montre qu'il privil&#233;gie toujours le travail pr&#233;caire et d&#233;grad&#233; au d&#233;triment de l'emploi qualifi&#233;. De la paup&#233;risation assum&#233;e de la recherche jusqu'&#224; la suppression des math&#233;matiques dans le secondaire, il d&#233;montre qu'il n'a nulle envie de s'inscrire dans la longue tradition technique, industrielle scientifique du pays. Il lui pr&#233;f&#232;re un capitalisme de rente. Ses six EPR, dont on ne sait quand et s'ils verront le jour, en sont le r&#233;sum&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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