Israël Palestine : des liens, des infos, des textes ...

Israël Palestine : des liens, des infos, des textes sur la catastrophe qui se transforment en génocide selon des hauts dirigeants de l’ONU ! Vite un cessez-le-feu !

 [CNPJDPI] Halte au massacre à Gaza ! 
La France doit exiger un cessez-le feu immédiat (31/10 )
https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/cnpjdpi-halte-au-massacre-a-gaza-la-france-doit-exiger-un-cessez-le-feu

-A écouter et voir 2 vidéos percutantes : Sur la 1ère une bonne leçon pour résister à une interview piégeuse, avec maestria... A ne pas manquer !!!
https://europalestine.com/2023/10/25/heureusement-il-y-a-ceux-qui-denoncent-la-propagande-mensongere-videos/ et aussi la suivante "comment les médias manipulent notre avis....

 La chronique de Wally Dia, parce qu’il dit les choses et en plus, nous fait rire, malgré tout !
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-waly-dia/la-chronique-de-waly-dia-du-dimanche-15-octobre-

 A lire absolument, la Lettre de démission du directeur du Bureau de New York du Haut Commissariat aux droits de l’homme , sous les trop rares propositions d’actions.
Et en fin de message l’excellente chronique de Mona Cholet "Le conflit qui rend fou"

 Une analyse de Michel Colon https://crowdbunker.com/v/QehfRxxKec

 En accès libre sur le site de Là-bas bas si j’y suis comme le précédent entretien de Michèle Sibony.

https://ujfp.org/lantisionisme-une-histoire-juive-interview-de-michele-sibony-par-daniel-mermet/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_1 

 

Des propositions d’action :
• AFPS-France propose une pétition Halte au massacre à Gaza
• Une pétition importante d’Amnesty International :

https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/petitions/israelgaza-cessez-le-feu-immediat-pour-proteger-les-civiles?utm_source=newshebdo&utm_medium=email&utm_campaign=newshebdo-28102023

• AFPS-France propose aussi une saisie personnalisée de nos parlementaires >> J’écris à mes député-es et sénateurs-trices en quelques clics seulement !

Lettre de démission de Craig Mokhiber, directeur du Bureau de New York
du Haut Commissariat aux droits de l’homme

Soutien aux luttes de libération du peuple palestinien

adressée le 28 Octobre 2023 au Haut commissaire des droits de l’homme,
Volker Turk.

Monsieur le Haut Commissaire,

Ceci sera ma dernière communication officielle en tant que directeur
du Bureau de New York du Haut Commissariat aux droits de l’homme
(OHCHR).

Je vous écris dans un moment de grande détresse pour le monde, y
compris pour beaucoup de nos collègues. Une fois encore, nous
assistons à un génocide qui se déroule sous nos yeux, et
l’Organisation que nous servons semble impuissante à l’arrêter. En
tant que personne ayant enquêté sur les droits de l’homme en Palestine
depuis les années 1980, ayant vécu à Gaza comme conseiller des Nations
unies pour les droits de l’homme dans les années 1990, et ayant
effectué plusieurs missions de défense des droits de l’homme dans le
pays avant et depuis ces périodes, cette situation me touche
personnellement.

C’est encore dans ces locaux de l’ONU que j’ai travaillé lors des
génocides contre les Tutsis, les musulmans bosniaques, les Yazidis et
les Rohingyas. Dans chaque cas, alors que la poussière était retombée
sur les horreurs perpétrées contre des populations civiles sans
défense, il devenait douloureusement évident que nous avions manqué à
notre devoir de répondre aux impératifs de prévention des atrocités de
masse, de protection des personnes vulnérables et d’obligation
d’exiger que les auteurs de ces actes rendent des comptes. Il en a été
de même avec les vagues successives de meurtres et de persécutions à
l’encontre des Palestiniens, tout au long de l’existence des Nations
unies.

Monsieur le Haut Commissaire, nous échouons à nouveau.

En tant que juriste spécialisé dans les droits de l’homme, avec plus
de trente ans d’expérience dans ce domaine, je sais bien que le
concept de génocide a souvent fait l’objet d’exploitation politique
abusive. Mais le massacre actuel du peuple palestinien, ancré dans une
idéologie coloniale ethno-nationaliste, dans la continuité de
décennies de persécution et d’épuration systématiques, entièrement
fondé sur leur statut d’Arabes, et associé à des déclarations
d’intention explicites des dirigeants du gouvernement et de l’armée
israéliens, ne laisse aucune place au doute ou au débat. À Gaza, les
habitations, les écoles, les églises, les mosquées et les
établissements médicaux sont attaqués sans raison et des milliers de
civils sont massacrés. En Cisjordanie, y compris à Jérusalem occupée,
les maisons sont saisies et réattribuées en fonction uniquement de la
race. Par ailleurs, de violents pogroms perpétrés par les colons sont
accompagnés par des unités militaires israéliennes. Dans tout le pays,
l’apartheid règne.

Il s’agit d’un cas d’école de génocide. Le projet colonial européen,
ethno-nationaliste, de colonisation en Palestine est entré dans sa
phase finale, vers la destruction accélérée des derniers vestiges de
la vie palestinienne indigène en Palestine. Qui plus est, les
gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni et d’une grande partie de
l’Europe sont totalement complices de cet horrible assaut. Non
seulement ces gouvernements refusent de remplir leurs obligations
conventionnelles “d’assurer le respect” des conventions de Genève,
mais ils arment activement l’offensive, fournissent un soutien
économique, des renseignements, et couvrent politiquement et
diplomatiquement les atrocités commises par Israël.

De concert avec tout cela, les médias corporatifs occidentaux, de plus
en plus aux ordres des gouvernements, sont en totale rupture avec
l’article 20 du PIDCP (ndt, Pacte international relatif aux droits
civils et politiques adopté en 1966), déshumanisant les Palestiniens
sans cesse pour justifier le génocide, et diffusant la propagande
guerrière et les appels à la haine nationale, raciale ou religieuse
qui constituent une incitation à la discrimination, à l’hostilité et à
la violence. Les entreprises de réseaux sociaux basées aux États-Unis
étouffent les voix des défenseurs des droits de l’homme tout en
amplifiant la propagande pro-israélienne. Les gendarmes du lobby
israélien sur le net et les GONGOS (ndt, organisations non
gouvernementales soutenues par des gouvernements) harcèlent et
diffament les défenseurs des droits de l’homme, les universités et
employeurs occidentaux collaborent avec eux pour punir ceux qui osent
s’élever contre les atrocités. À la suite de ce génocide, ces acteurs
devront également rendre des comptes, comme ce fut le cas pour la
radio des Milles Collines au Rwanda.

Dans de telles circonstances, notre organisation est plus que jamais
appelée à agir de manière efficace et fondée sur des principes. Mais
nous n’avons pas relevé ce défi. Le pouvoir de protection du Conseil
de sécurité a de nouveau été bloqué par l’intransigeance des
États-Unis, le secrétaire général est attaqué pour ses lègères
protestations et nos mécanismes de défense des droits de l’homme font
l’objet d’attaques calomnieuses soutenues par un réseau organisé en
ligne qui défend l’impunité.

Des décennies de distraction par les promesses illusoires et largement
décevantes d’Oslo ont détourné l’Organisation de son devoir essentiel
de protection du droit international, des droits de l’homme et de la
Charte elle-même. Le mantra de la “solution à deux États” est devenu
une plaisanterie ouverte dans les couloirs de l’ONU, à la fois pour
son impossibilité absolue dans les faits et pour son incapacité totale
à tenir compte des droits humains inaliénables du peuple palestinien.
Le soi-disant “Quartet” n’est plus qu’une feuille de vigne pour
l’inaction et la soumission à un statu quo brutal. La référence
(écrite par les États-Unis) aux “accords entre les parties
elles-mêmes” (au lieu du droit international) a toujours été un tour
de passe passe évident, destiné à renforcer le pouvoir d’Israël contre
les droits des Palestiniens occupés et dépossédés de leurs biens.

Monsieur le Haut Commissaire, j’ai rejoint cette Organisation dans les
années 1980, parce que j’y ai trouvé une institution fondée sur des
principes et des normes qui étaient résolument du côté des droits de
l’homme, y compris dans les cas où les puissants États-Unis,
Royaume-Uni et Europe n’étaient pas de notre côté. Alors que mon
propre gouvernement, ses institutions subsidiaires et une grande
partie des médias nord-américains soutenaient ou justifiaient encore
l’apartheid sud-africain, l’oppression israélienne et les escadrons de
la mort d’Amérique centrale, les Nations unies défendaient les peuples
opprimés de ces pays. Nous avions pour nous le droit international.
Nous avions pour nous les droits humains. Nous avions pour nous les
principes. Notre autorité était ancrée dans notre intégrité. Mais ce
n’est plus le cas.

Au cours des dernières décennies, des membres importants des Nations
unies ont cédé au pouvoir des États-Unis et à la peur du lobby
israélien, abandonnant ces principes et renonçant au droit
international lui-même. Nous avons beaucoup perdu dans cet abandon,
notamment notre propre crédibilité mondiale. Mais c’est le peuple
palestinien qui a subi les plus grandes pertes à cause de nos échecs.
L’ironie de l’histoire veut que la Déclaration universelle des droits
de l’homme (DUDH) ait été adoptée l’année même où la Nakba a été
perpétrée contre le peuple palestinien.

Alors que nous commémorons le 75e anniversaire de la DUDH, nous
ferions bien d’abandonner le mythe éculé selon lequel la DUDH est née
des atrocités qui l’ont précédée, et d’admettre qu’elle est née en
même temps que l’un des génocides les plus atroces du XXème siècle,
celui de la destruction de la Palestine. D’une certaine manière, les
auteurs de la Déclaration promettaient les droits de l’homme à tout le
monde, sauf au peuple palestinien. N’oublions pas non plus que les
Nations unies ont commis le péché originel de faciliter la
dépossession du peuple palestinien en ratifiant le projet colonial
européen qui s’est emparé des terres palestiniennes et les a remises
aux colons. Nous avons tant à nous faire pardonner.

Mais la voie de l’expiation est claire. Nous avons beaucoup à
apprendre de la position de principe adoptée ces derniers jours dans
les villes du monde entier, où des millions de personnes s’élèvent
contre le génocide, même au risque d’être battues et arrêtées. Les
Palestiniens et leurs alliés, les défenseurs des droits de l’homme de
tous bords, les organisations chrétiennes, musulmanes et les voix
juives progressistes qui disent “pas en notre nom”, montrent tous la
voie. Il ne nous reste plus qu’à les suivre.

Hier, à quelques rues d’ici, la gare Grand Central de New York a été
complètement envahie par des milliers de juifs défenseurs des droits
de l’homme, solidaires du peuple palestinien et exigeant la fin de la
tyrannie israélienne (nombre d’entre eux risquant d’être arrêtés). Ce
faisant, ils ont balayé en un instant l’argument de propagande de la
hasbara israélienne (et le vieux cliché d’antisémitisme) selon lequel
Israël représenterait en quelque sorte le peuple juif. Ce n’est pas le
cas. Et, en tant que tel, Israël est seul responsable de ses crimes.
Sur ce point, il convient de répéter, malgré les calomnies du lobby
israélien, que la critique des violations des droits de l’homme par
Israël n’est pas antisémite, pas plus que la critique des violations
saoudiennes n’est islamophobe, la critique des violations du Myanmar
n’est anti-bouddhiste, ou la critique des violations indiennes n’est
anti-hindouiste. Lorsqu’ils cherchent à nous faire taire en nous
calomniant, plutôt que faire silence, nous devons élever la voix.
J’espère que vous conviendrez, Monsieur le Haut Commissaire, qu’il
s’agit là de l’essence même du parler vrai aux puissants.

Mais je trouve également de l’espoir dans tous ces membres des Nations
unies qui, en dépit des énormes pressions exercées, ont refusé de
compromettre les principes de l’Organisation en matière de droits de
l’homme. Nos rapporteurs spéciaux indépendants, nos commissions
d’enquête et nos experts des organes de traités, ainsi que la majorité
de notre personnel, ont continué à défendre les droits humains du
peuple palestinien, alors même que d’autres membres des Nations unies
(même au plus haut niveau) ont honteusement courbé l’échine devant les
puissants. En tant que gardien des normes et standards en matière de
droits de l’homme, le HCDH (ndt Haut-Commissariat aux droits de
l’homme) a le devoir particulier de défendre ces normes. Notre tâche,
je crois, est de faire entendre notre voix, du secrétaire général à la
dernière recrue des Nations unies et, horizontalement, dans l’ensemble
du système des Nations unies, en insistant sur le fait que les droits
humains du peuple palestinien ne font l’objet d’aucun débat, d’aucune
négociation, ni d’aucun compromis, où que ce soit sous la banière
bleue.

À quoi ressemblerait donc une position fondée sur les normes de l’ONU ?
À quoi travaillerions-nous si nous étions fidèles à nos exhortations
rhétoriques sur les droits de l’homme et l’égalité pour tous, la
responsabilité pour les criminels, la réparation pour les victimes, la
protection des personnes vulnérables et l’autonomisation des
détenteurs de droits, le tout dans le cadre de l’État de droit ? La
réponse, je crois, est simple – si nous avons la lucidité de voir
au-delà des écrans de fumée de la propagande qui déforment la vision
de la justice pour laquelle nous avons prêté serment, le courage
d’abandonner peur et déférence à l’égard des États puissants et la
volonté de brandir l’étendard des droits de l’homme et de la paix.
Certes, il s’agit d’un projet à long terme et d’une voie escarpée.
Mais nous devons commencer maintenant à moins de nous abandonner à une
horreur indicible. Je vois dix points essentiels :

 Une action légitime : tout d’abord, nous devons, au sein des Nations
unies, abandonner le paradigme d’Oslo, qui a échoué (et qui est en
grande partie fallacieux), sa solution illusoire à deux États, son
Quartet impuissant et complice, et le détournement du droit
international aux diktats de son supposé bien-fondé politique. Nos
positions doivent se fonder sans équivoque sur les droits de l’homme
et le droit international.
 Une vision claire : nous devons cesser de prétendre qu’il s’agit
simplement d’un conflit territorial ou religieux entre deux parties
belligérantes et admettre la réalité de la situation, à savoir qu’un
État au pouvoir disproportionné colonise, persécute et dépossède une
population autochtone sur la base de son appartenance ethnique.
 Un État unique fondé sur les droits de l’homme : nous devons soutenir
l’établissement d’un État unique, démocratique et laïque dans toute la
Palestine historique, avec des droits égaux pour les chrétiens, les
musulmans et les juifs, et, par conséquent, le démantèlement du projet
colonialiste profondément raciste et la fin de l’apartheid sur tout le
territoire.
 Lutte contre l’apartheid : nous devons réorienter tous les efforts et
toutes les ressources des Nations unies vers la lutte contre
l’apartheid, comme nous l’avons fait pour l’Afrique du Sud dans les
années 1970, 1980 et au début des années 1990.
 Retour et indemnisation : nous devons réaffirmer et insister sur le
droit au retour et à l’indemnisation complète de tous les Palestiniens
et de leurs familles qui vivent actuellement dans les territoires
occupés, au Liban, en Jordanie, en Syrie et dans la diaspora à travers
le monde.
 Vérité et justice : nous devons appeler à un processus de justice
transitionnelle, utilisant pleinement les décennies d’enquêtes, de
recherches et de rapports accumulés par l’ONU, afin de documenter la
vérité et garantir la responsabilité de tous les criminels, la
compensation pour toutes les victimes et la réparation des injustices
documentées.
 Protection : nous devons insister sur le déploiement d’une force de
protection de l’ONU dotée de ressources suffisantes et d’un mandat
solide pour protéger les civils du fleuve à la mer.
 Désarmement : nous devons plaider pour le retrait et la destruction
des stocks massifs d’armes nucléaires, chimiques et biologiques
d’Israël, évitant ainsi que le conflit ne conduise à la destruction
totale de la région et, qui sait, au-delà.
 Médiation : nous devons reconnaître que les États-Unis et les autres
puissances occidentales ne sont pas des médiateurs crédibles, mais
plutôt des parties prenantes du conflit, qui sont complices d’Israël
dans la violation des droits des Palestiniens, et nous devons les
affronter en tant que tels.
 Solidarité : nous devons ouvrir grand nos portes (et celles du
secrétariat général) aux légions de défenseurs des droits de l’homme
palestiniens, israéliens, juifs, musulmans et chrétiens qui sont
solidaires du peuple de Palestine et de ses droits, et mettre un terme
au flux incontrôlé de lobbyistes israéliens vers les bureaux des
dirigeants de l’ONU, où ils prônent la poursuite de la guerre, de la
persécution, de l’apartheid et de l’impunité, tout en dénigrant nos
défenseurs des droits humains à cause de leur position de principe sur
les droits des Palestiniens.

Il faudra des années pour y parvenir, et les puissances occidentales
nous combattront à chaque étape du processus, c’est pourquoi nous
devons faire preuve de fermeté. D’ores et déjà, nous devons œuvrer
pour un cessez-le-feu immédiat et la fin du siège de Gaza, nous
opposer au nettoyage ethnique de Gaza, Jérusalem, Cisjordanie (et
ailleurs), documenter l’assaut génocidaire à Gaza, contribuer à
apporter aux Palestiniens une aide humanitaire massive et les moyens
de la reconstruction, prendre soin de nos collègues traumatisés et de
leurs familles, et nous battre comme des diables pour que la démarche
des bureaux politiques de l’ONU soit basée sur des principes.

L’échec des Nations unies en Palestine jusqu’à présent n’est pas une
raison pour nous de renoncer. Au contraire, il devrait nous encourager
à abandonner le paradigme passé qui a échoué, et à adopter pleinement
une ligne de conduite plus fondée sur des principes.

En tant qu’OHCHR, rejoignons avec audace et fierté le mouvement
anti-apartheid qui se développe dans le monde entier, en ajoutant
notre logo à la bannière de l’égalité et des droits de l’homme pour le
peuple palestinien. Le monde nous observe. Nous devrons tous rendre
compte de notre position à ce moment crucial de l’histoire. Prenons le
parti de la justice.

Je vous remercie, Monsieur le Haut Commissaire Volker, d’avoir écouté
ce dernier appel de mon bureau. Dans quelques jours, je quitterai le
Bureau pour la dernière fois, après plus de trois décennies de
service. Mais n’hésitez pas à me contacter si je peux être utile à
l’avenir.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes
salutations distinguées,

Craig Mokhiber



Chronique Le conflit qui rend fou

Dans une chronique que publie Médiapart, la journaliste et essayiste explique pourquoi elle a eu, ces derniers jours, « plusieurs fois l’impression de perdre la tête », face à « la catastrophe en Israël-Palestine ».
Mona Chollet
29 octobre 2023 à 19h00
Colère, accablement face à l’accumulation des souffrances insoutenables qui défilent sur nos écrans, sentiment d’injustice torturant, panique devant le déferlement de la propagande de guerre, angoisse mortelle devant ce cataclysme et ses probables répercussions : ces deux dernières semaines, rivée aux informations en provenance d’Israël-Palestine, j’ai eu plusieurs fois l’impression – comme beaucoup, je crois – de perdre la tête.
Il y a d’abord ce télescopage permanent entre deux grilles de lecture contradictoires, qu’on pourrait appeler la grille « héroïque » et la grille « coloniale ».
En Europe et aux États-Unis, l’État israélien reste perçu au seul prisme de la Shoah, comme le refuge des victimes de l’antisémitisme européen, de sorte qu’un halo d’innocence inamovible, systématique, irréel, entoure toutes les actions de son appareil gouvernemental et de son armée. Quoi qu’il puisse faire, cet État est le héros ou la victime, il incarne la vertu, et toute critique à son encontre ne peut se comprendre que comme une manifestation d’antisémitisme.
En revanche, le monde arabe – qui n’est pour rien, lui, dans le génocide des juifs d’Europe – et le Sud en général voient Israël tel qu’il est aussi. C’est-à-dire, plus prosaïquement : un État surarmé, soutenu inconditionnellement par la première puissance mondiale, fondé sur le colonialisme, sur le massacre ou l’expulsion, en 1948, d’une grande partie des Palestiniens ; un État qui occupe illégalement la Cisjordanie et Gaza en ignorant les résolutions de l’ONU et qui y mène une politique d’apartheid (« développement séparé ») en multipliant les exactions et les confiscations de nouvelles terres, de nouvelles maisons.
Si terrible qu’elle ait été, l’attaque du Hamas n’a rien changé à ce rapport de forces radicalement déséquilibré entre occupant et occupé (lire notre entretien avec Michel Warschawski).
Vue de la bande de Gaza, bombardée par l’armée israélienne, 29 octobre 2023. © Fadel Senna / AFP
La mémoire du colonialisme – et non la solidarité religieuse – est déterminante dans le soutien des pays arabes aux Palestiniens (c’est le cas en Algérie, en particulier). Ce soutien s’explique aussi parfois par une expérience directe, concrète, des conflits du Proche-Orient. Il y a quelques années, une de mes amies, une artiste libanaise qui vit en France et qui a gardé un stress post-traumatique des années de guerre, avait été invitée à participer à un festival en Israël. Elle m’avait demandé pensivement : « Est-ce que tu crois que je peux leur dire que je leur en veux quand même un peu d’avoir bombardé ma maison ? »
Comme le résume le chercheur Gilbert Achcar, « en dehors du monde occidental, on ne voit pas les Israéliens – je ne parle pas des juifs en général, mais bien des Israéliens – comme des héros ou des victimes, mais comme des colons, protagonistes d’un colonialisme de peuplement ».
« Alors pourquoi ton fils me regarde avec autant de haine ? »
La grille de lecture du Sud est partagée en Occident par de nombreuses personnes qui font elles-mêmes l’expérience du racisme et/ou qui portent une mémoire familiale du colonialisme et, plus largement, par des militants politiques de gauche – dont de nombreux juifs. Tous ces gens sont sensibilisés à l’injustice que vivent les Palestiniens, mais ils sont conscients aussi de ce que la politique menée jusqu’ici a de désastreux, y compris pour les Israéliens.
Encourager ces derniers à s’accrocher à la grille de lecture héroïque, c’est en effet les pousser à se fourvoyer toujours plus, comme un voyageur à qui on donnerait une carte délibérément tronquée du pays qu’il est amené à traverser. Ce n’est pas du « soutien », c’est un cadeau empoisonné. En 2001, sous le titre « Ils ne font pas le lien », la journaliste israélienne dissidente Amira Hass avait rapporté une anecdote très parlante.
À un checkpoint, en Cisjordanie, un de ses amis palestiniens, en voiture avec son fils de dix ans, avait été interpellé par un soldat qui lui avait lancé en agitant son arme : « Voulez-vous la paix ? Voulez-vous la paix ? » Surpris, l’homme avait balbutié : « Oui, évidemment. » Avant qu’il ait eu le temps d’expliquer ce qu’il entendait par « paix », le soldat lui avait répliqué : « Alors pourquoi ton fils me regarde avec autant de haine ? »
Effectivement, on ne peut pas comprendre le regard de haine d’un jeune garçon, si on se perçoit comme l’innocence incarnée alors qu’on est un soldat d’une armée d’occupation qui terrorise et humilie toute une population.
Un écran vertueux et le refoulé colonial
Pour l’Occident, cependant, la grille de lecture « héroïque » est une aubaine. Elle permet de faire coup double, voire triple : en soutenant fanatiquement la politique israélienne, les Européens délèguent à cet État le rôle – sacrément risqué – de gardien de leurs intérêts au Proche-Orient ; ils se dédouanent (ou croient se dédouaner) à bon compte de leur culpabilité dans la Shoah ; et, à l’abri de cet écran vertueux, ils peuvent donner libre cours à leur refoulé colonial sans aucune limite, à travers leur perception et leur traitement des Palestiniens.

La vision idyllique d’Israël, combinée à un racisme anti-Arabes phénoménal, conduit ses alliés occidentaux à mépriser ou à diaboliser les Palestiniens, et à justifier – voire à approuver – leur écrasement, perçu comme de la légitime défense de la part de l’occupant. À les écouter, on a l’impression que c’est la Palestine qui occupe Israël, et non l’inverse. Alors qu’il y avait déjà à Gaza le triple du nombre des victimes israéliennes de l’attaque du Hamas, alors qu’une population prisonnière subissait un blocus impitoyable et un déluge de bombes, la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, parlait encore du « droit d’Israël à se défendre », affirmant le 22 octobre : « Il y a un attaquant et des attaqués. »
Prouver qu’« un enfant est un enfant »
Les Palestiniens se retrouvent ainsi piégés dans une sorte de trappe de la conscience occidentale. « Nous sommes les victimes des victimes, les réfugiés des réfugiés », constatait en 1999 l’intellectuel américano-palestinien Edward Saïd – une formule amère restée célèbre. Dans un effort désespéré pour les libérer de cette trappe, pour dessiller les yeux de l’Occident, les tenants de la grille de lecture coloniale sont parfois tentés de jeter sur la place publique les atrocités commises par l’armée israélienne ou par les colons. 

Lors des bombardements sur Gaza de 2008-2009, le quotidien communiste L’Humanité, soutien historique des Palestiniens, avait ainsi mis à sa une (7 janvier 2009) la photo de la tête d’une fillette tuée, reposant au milieu des gravats, maculée de poussière et de sang. Un choix sensationnaliste et indéfendable, mais révélateur. « Nous restons éveillés la nuit, à la lueur vacillante de nos téléphones, cherchant la métaphore, la vidéo, la photo qui prouvera qu’un enfant est un enfant, écrit aujourd’hui l’autrice américano-palestinienne Hala Alyan. Quelle est l’image qui marchera finalement ? Celle de cette moitié d’enfant sur un toit ? Celle de cette petite fille croyant reconnaître le corps de sa mère parmi les morts ? »
Cependant, ces efforts sont interprétés par ceux qu’ils voudraient convaincre comme le signe d’un acharnement, d’une fixation antisémite et d’une volonté malsaine de diaboliser Israël. Ils produisent donc l’effet inverse à celui qui était recherché : ils renforcent encore la grille de lecture héroïque. Un cercle vicieux parfait. 
Quand ils ne sont pas diabolisés, perçus comme une horde indistincte et barbare, congénitalement violente et « terroriste », les Palestiniens sont traités comme quantité négligeable. Leur invisibilisation vient de loin ; elle vient du mensonge premier, du slogan des débuts du sionisme : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». 
L’accusation d’antisémitisme systématique contre les défenseurs des Palestiniens dit aussi cela : ceux qui la profèrent n’imaginent même pas qu’on puisse sérieusement se soucier de ces gens ; la critique d’Israël ne peut donc s’expliquer que par l’antisémitisme. Le mur de séparation en Cisjordanie et la clôture high-tech de Gaza traduisent de la manière la plus concrète le refus de les voir, de les prendre en compte, d’admettre leur existence.
Starhawk et l’effacement complet des Palestiniens
Au cours des années 2000, la militante de gauche américaine et « sorcière néopaïenne » Starhawk a mené de nombreuses actions de solidarité en Palestine. Juive « de naissance et d’éducation », dit-elle, elle est venue au monde en 1951, peu après la Seconde Guerre mondiale. Dans un texte écrit lors des bombardements sur Gaza de 2008-2009, elle se souvenait du récit mythologique de la création d’Israël qui avait bercé son enfance. Et elle commentait : « C’est une histoire puissante, émouvante. Elle ne présente qu’un seul défaut : elle oublie les Palestiniens. Elle doit les oublier, parce que, si nous devions admettre que notre patrie appartenait à un autre peuple, elle en serait gâchée. […] Golda Meir disait : “Les Palestiniens, qui sont-ils ? Ils n’existent pas.” » 
Une affirmation que le ministre des finances actuel, Bezalel Smotrich, l’un des chefs de file de l’extrême droite israélienne, qui vit dans une colonie de Cisjordanie, a réitérée en mars dernier à Paris, créant un petit scandale.
Le 18 octobre dernier, Starhawk a publié une version remaniée de son texte de 2008, et elle y a ajouté cette remarque : « Quand un peuple entier est effacé du récit, la tentation devient irrésistible de l’effacer complètement. » Et, en effet, l’invisibilisation des Palestiniens, nécessaire à la préservation du mythe national, rend possible une logique génocidaire.
Les Gazaouis sont aujourd’hui massacrés d’une telle manière que de plus en plus de voix prononcent le mot « génocide » : le philosophe Étienne Balibar en France, le Centre américain pour les droits constitutionnels, l’organisation américaine If Not Now, des experts de l’ONU, un journaliste britannique qui a couvert le génocide rwandais, une ministre espagnole, la philosophe américaine Judith Butler (membre du bureau de Jewish Voice for Peace), le président brésilien…
Ce qui définit un génocide selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, ce sont des actes commis « dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Le massacre d’environ huit mille hommes par l’armée serbe à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, en juillet 1995, est ainsi considéré comme un génocide.
Ici, le fait de priver toute une population d’eau, de nourriture, d’électricité, le vocabulaire déshumanisant utilisé par le ministre de la défense israélien, Yoav Galant, qui disait le 9 octobre : « Nous nous battons contre des animaux humains », la déclaration du président Isaac Herzog rejetant, le 12 octobre, l’idée que les civils gazaouis soient innocents, ainsi que les mots du porte-parole de l’armée Daniel Hagari, le lendemain, selon lesquels ce qui était recherché était « les dégâts et non la précision » – une franchise tout à fait nouvelle –, pourraient indiquer qu’on se trouve dans ce cas de figure. Le 24 octobre, 42 % des habitations de Gaza avaient été détruites.
Les mêmes éléments de langage repris ad nauseam
Dans un XXIe siècle hyperconnecté, exterminer – ou laisser exterminer – une population oblige à investir autant dans la communication que dans les armes, afin de persuader l’opinion occidentale de l’approuver, ou au moins de l’accepter sans broncher. Cela implique de persuader les spectateurs qu’ils ne sont pas réellement en train de voir ce qu’ils sont en train de voir.
Un article du site Arrêt sur images rappelle que « pour étouffer le récit d’occupation gazaoui, l’État israélien dispose d’un véritable arsenal technique et humain dédié aux “psyops”, la guerre psychologique et informationnelle ». Les utilisateurs de YouTube et de X-Twitter en ont eu un aperçu quand des bannières « publicitaires » se sont invitées sur leurs écrans pour justifier les bombardements sur Gaza en soulignant l’horreur de l’attaque du Hamas – quitte à trahir la mémoire de certaines des victimes, qui étaient des militants pour la paix.
Alors même qu’elle pilonne des civil·es, l’armée israélienne est présentée comme une bande de braves gars pleins de bonne volonté et de combattantes valeureuses et sexy ; des journalistes français relaient sans aucun recul la parole de ses représentants, toute déontologie jetée aux orties.
Les discours affirmant la supériorité civilisationnelle de l’Occident (« C’est un combat des enfants de la lumière contre les enfants des ténèbres », a déclaré Benyamin Nétanyahou le 16 octobre) sont particulièrement pénibles, alors même que la soif de vengeance indistincte qui s’exprime partout, en Israël, aux États-Unis ou en France, reproduit précisément la logique animant les membres du Hamas. 
Comme lors des précédentes campagnes de bombardements intenses sur Gaza, en 2008-2009, puis en 2014 – ce que les généraux israéliens appelaient « tondre le gazon » –, les mêmes éléments de langage sont repris ad nauseam, leur absurdité étant compensée par leur matraquage illimité. Cette fois, la puissance de ce rouleau compresseur est encore décuplée, en France, par la bollorisation du paysage médiatique (les chaînes d’information en continu, en particulier), et plus généralement par l’extrême-droitisation accélérée du climat politique.
Les arguments censés justifier la destruction des vies palestiniennes ont été pulvérisés par l’humoriste égyptien Bassem Youssef (marié à une Gazaouie) dans une prestation face à Piers Morgan sur Sky News devenue virale
« Israël a la seule armée du monde qui avertit les gens avant de les bombarder. Qu’est-ce que c’est mignon ! C’est tellement sympa de leur part ! » ; « Hassan, le cousin de ma femme, c’est un bon à rien, il n’arrive jamais à garder un boulot, il a raté l’entretien pour devenir bouclier humain » ; « Est-ce que chacun des quatorze mille civils déjà tués ou blessés dissimulait une cible militaire ? Parce que, si c’est le cas, ça fait beaucoup d’armes. Le Hamas est blindé ! » ; « Oh, alors ce sont des “dommages collatéraux” ? Très bien, dans ce cas, pas de problème. Ça se défend. »
La vision des Gazaouis en Occident, un « effet “Homeland” »
Dans un précédent billet, j’ai écrit qu’il était plus facile pour les Occidentaux de s’identifier aux Israéliens, au mode de vie très semblable au leur, qu’aux Palestiniens. J’aurais dû préciser que toute identification avec ces derniers était activement découragée par le discours gouvernemental israélien.
Il y a vingt ans, l’entourage d’Ariel Sharon martelait déjà cet argument pour justifier son refus de négocier avec l’Autorité palestinienne : « Il faut prendre la mesure de ce que représente un attentat en Israël. Quarante morts là-bas, c’est comme s’il y en avait quatre cents en France. » À l’époque, le journaliste de Politis Denis Sieffert faisait observer qu’on ne tentait jamais le même rapport avec les Palestiniens : « Plus de deux mille morts sur trois millions d’habitants en deux ans, cela n’équivaut-il pas à quarante mille en France ? » (Télérama, 15 janvier 2003)
Même invisibilisation, même déshumanisation, il y a quelques jours, quand le compte X-Twitter d’Israël a admonesté Greta Thunberg, qui venait de clamer son soutien aux Gazaouis bombardés, en lui répondant que les jeunes Israéliens fauchés par le Hamas lors du festival de musique auraient pu être ses amis. C’est vrai, bien sûr. Mais pourquoi n’aurait-elle pas aussi pu être amie avec les jeunes Gazaouis tués ? 
Il y a, dans la vision méprisante qu’on se fait généralement des Gazaouis en Occident, ce qu’on pourrait appeler un « effet Homeland ». En 2015, l’épisode 2 de la saison 5 de cette série d’espionnage américaine avait suscité l’atterrement ou l’hilarité dans le monde arabe. Il était censé se dérouler à Beyrouth, mais la capitale libanaise avait été représentée comme un dédale de ruelles poussiéreuses, une succession de gargotes et de gourbis louches – là où, dans la réalité, il y avait plutôt des Starbucks. 
De la même manière, loin des fantasmes, il se trouve que, en dehors du fait qu’ils sont parqués sur une étroite bande de terre, entre la Méditerranée et une clôture barbelée, et qu’ils sont gouvernés par le Hamas, ce détestable produit de l’occupation, les Gazaouis sont des gens ordinaires, ni plus ni moins « modernes » que d’autres sociétés.
Si les États-Unis avaient forcé Israël à mettre fin à l’occupation il y a trente ans...
Dans le même temps, en France, le soutien à la politique israélienne semble permettre, ou accompagner, une grande décharge non seulement du refoulé colonial, mais aussi du refoulé antisémite. Comme le rappelle le collectif Tsedek !, en France, ces dernières années, le gouvernement d’Emmanuel Macron a multiplié les hommages aux figures historiques de l’extrême droite (le maréchal Pétain, Charles Maurras, Jacques Bainville) ; un ministre – Gérald Darmanin – a écrit pour l’Action française et relayé les thèses antisémites de Napoléon.
La semaine dernière, Charlie Hebdo a publié une caricature représentant les otages israéliens du Hamas avec des nez crochus. L’un des succès de la rentrée littéraire 2023 est un livre présentant une collabo ayant dénoncé ses voisins juifs pendant la guerre comme une « femme libre ».
Une bonne partie de l’extrême droite se range derrière le gouvernement israélien, et certains juifs de France acceptent son soutien, ce qui, comme le résumait bien l’humoriste Waly Dia dans une chronique, est à peu près aussi prudent que de « faire du bouche-à-bouche à un cobra ».
On a le vertige en pensant à la quantité de violence qui aurait pu être évitée si les États-Unis avaient obligé Israël à mettre fin à l’occupation il y a trente ans. Maintenant, il est peut-être trop tard. Il est bien possible que les « soutiens » d’Israël aient condamné les Palestiniens à subir de manière définitive le même sort que les Amérindiens, parqués dans des réserves, décimés, diabolisés, méprisés, et les Israéliens à devenir les nouveaux cow-boys de ce nouveau Far West, des geôliers éternels – un destin sordide qui marquerait un échec historique terrible.
Et la violence risque de se répandre dans le reste du monde : déjà la guerre menace de gagner le Liban ; le risque terroriste se renforce ; les agressions et incidents antisémites et islamophobes se multiplient. Les partisans d’une paix juste – une paix qui ne soit pas celle des cimetières – vont devoir s’accrocher plus que jamais.
Mona Chollet

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